Flash info

Historique de la création

Objectifs du centre : Lutter contre les évacuations abusives et inviter les gens de la diaspora à encourager leurs parents malades à se faire prendre en charge au centre mère et enfants qui, par ses vacataires, exploite au mieux les compétences locales et réduit de façon très significative les frais inhérents aux évacuations (transport par avion de membres de la famille, et d'un médecin accompagnateur et expatriation avec les conséquences socio-économiques et psychologiques pour le malade, ses accompagnants, et aussi les parents qui le reçoivent à l'étranger).

Tout est parti du Slogan de l’UNICEF « Les Enfants d’abord ». Nous nous sommes demandé le contenu que les Chirurgiens Pédiatres des pays en voie de développement devraient donner à ce Slogan. Nous avons  ainsi retenu le douloureux problème des enfants malformés qui mouraient par manque de moyens, ces malformations survenant malheureusement de façon préférentielle dans les foyers déshérités.

 

- Nous avons tenu en avril 1992 au Centre Culturel Français de Conakry, une Conférence Publique présidée par le Ministre de l’Enfance sur le thème :  « Les enfants d’abord, le point de vue du Chirurgien Pédiatre ».  Il s’en est  dégagé l’idée consensuelle d’une ONG. Encouragé, nous avons créé l’ASPEG (Association pour la Survie, la Protection et la Promotion de l’Enfance en Guinée) avec des intellectuels, des journalistes et quelques « coopérants français ». l’ASPEG a eu son agrément par l’arrêté n° 92/6005/MIS/AB/DND/SCIO

- Nous avons pu réaliser une première collecte de Fonds en organisant une Journée de l’ASPEG au Lycée Français de Conakry : manifestations culturelles + tombola   6 000 000 GNF.

-   Les 16-17-18 février 1997, nous avons regroupé autour d’un Atelier une centaine de sages femmes de Conakry sur le thème « Que faire en salle de travail devant la naissance d’un malformé ? ».

- De 1992 à 1996 nous avons organisé plusieurs Séances de Sensibilisation de Lycéens de Conakry à la Prévention du Sida.

-  Au terme de 8 années de présence en Guinée, nous avions ainsi réussi à sortir de l’anonymat et édifier le Centre Mère et Enfants où nous accueillons tous les malformés de la capitale. Nous nous sommes donné l’obligation d’opérer gratuitement les enfants pauvres et ce volet social couvre parfois 30 à 40 % de nos activités.

Par contre pour les autres, le Centre fonctionne comme une Polyclinique, avec cependant des honoraires des plus insignifiants dans un pays où tout vient de la poche du malade ( ni assurance maladie, ni sécurité sociale fiables).

ASPEG

Association pour la survie, la protection et la promotion de l'enfance en Guinée

Présentation professeur Baldé

Professeur Ibrahima Baldé
Du village de Kankalabé à l'agrégation de chirurgie-pédiatrique

Pr Ibrahima BALDEProfesseur Ibrahima Baldé, «Ibé» pour ses intimes, est le président du Conseil national de l’Ordre des médecins de Guinée depuis 2003. Ses efforts pour moraliser la profession et faire respecter l'éthique et la déontologie sont connus de tous. Il a été également président de la Société africaine des chirurgiens-pédiatres. Il fait partie de la première génération d’étudiants guinéens à se rendre en France poursuivre leurs études. Rentré en Guinée en 1988, après un passage au Sénégal, en France et au Gabon, il a fondé le centre Mère et Enfants, clinique semi-privée qui s’occupe des enfants et des femmes. A l’université de Conakry, il contribue activement à la formation pour la Guinée d’une génération de chirurgiens-pédiatres. C’est sur un ton modéré et courtois que le professeur I. Baldé, chirurgien-pédiatre, très gêné de parler de lui-même, a accepté d’ouvrir son cœur à LP.


Pour porter ce titre prestigieux de Professeur agrégé de chirurgie-pédiatrique, il lui a fallu franchir bien d’obstacles (un vrai parcours du combattant). Son père, pour venir se soigner à l’hôpital Ballay de Conakry, l’inscrit à l’école coranique et à l’école française le même jour, dès l’âge de 6 ans ! Il ne survit malheureusement pas à l’intervention chirurgicale et repose à Boulbinet.
Le jeune Ibrahima quitte alors le Kankalabé (distinguée diwal de Dalaba, au cœur du Foutah Djallon) natal pour poursuivre ses études primaires à Pita et se retrouve, en 1953, parmi les (90 !) écoliers admis à l’entrée au collège de Donka.
En 1958, le BEPC en poche, il participe activement à la campagne du «Non» pour l’indépendance de son pays.
C’est l’apothéose ! Il dévore le best-seller du moment, La Guinée, Etat pilote. Il est fortement influencé par les idées progressistes véhiculées par les patriotes afro-antillais venus soutenir l’indépendance de la Guinée. On le retrouve, en 1959, parmi la première promotion du lycée de Labé. Sa conscience s’aiguise et l’assassinat de Patrice Lumumba lui inspire même un poème co-rédigé avec un ami (Babara Fofana).
Avec le Bac Sciences expérimentales, il s’envole de la Guinée le 2 octobre 1961 avec la toute première génération de jeunes envoyés faire médecine en France pour consolider l’indépendance du jeune Etat. Qui eût cru qu’il partait ainsi pour un cruel exil qui s’est prolongé jusqu’en 1984 ?
En France, la FEANF (Fédération des étudiants d’Afrique noire en France) dès le «complot» dit des «enseignants», de novembre 1961, analyse lucidement le péril qui menace la Guinée. Et le réflexe du régime est de ramener, en 1963, les «étudiants suspects» à Dakar. Mais l’université de Dakar aussi bouillonne !
L’UGEAO (Union générale des étudiants de l’Afrique de l’Ouest) est supprimée par Senghor dans sa lutte obstinée contre le PAI (Parti africain pour l’indépendance), l’UED (Union des étudiants de Dakar) est en gestation. Le 4 juillet 1964, l’AGEEGS (Association générale des élèves et étudiants guinéens au Sénégal) est créée et à sa tête, on retrouve avec surprise I. Baldé. Le 2 octobre 1964, c’est la rupture. Les adhérents sont déchus de la nationalité (ni bourse, ni passeport, ni pièce d’identité… Et bonjour les tracasseries). L’AGEEGS participe activement à la lutte de l’UED pour l’africanisation des cadres et des Programmes (néocoloniaux) de l’université de Dakar. Former pour l’Afrique des cadres techniquement compétents et politiquement conscients, I. Baldé se lance alors dans les grands défis de l’excellence avec les concours hospitaliers (externat puis internat). Dès qu’il a le titre d’«Ancien interne des hôpitaux de Dakar», le voilà, grâce à quelques complicités, embarqué à Dakar avec le passeport d’un ami malien. Il a la chance de parachever sa formation de chirurgien-pédiatre dans la légendaire école de Necker Enfants Malades de Paris avec, pour survivre, un poste d’assistant au CHU de Rennes. Il a pu ainsi circuler et visiter la plupart des pays européens avant, en novembre 1976, de signer un contrat d’expatrié au Gabon où l’Etat avait investi 2 milliards de francs CFA pour le flambant neuf Hôpital pédiatrique d’Owendo. C’est dans ce cadre idyllique que l’agrégation a été préparée, méthodiquement, pour aboutir tout logiquement, dès 1986, à la faveur des accords universitaires franco-guinéens !
A partir du Gabon, il effectue à Conakry quelques missions d’enseignement financées par le projet TOKTEN. En 1988, le retour définitif du professeur se réalise. Depuis, il est au service de la faculté de Médecine (16 promotions de Guinéens y sont formés sous son autorité). Depuis deux ans, il a créé un Certificat sous-régional d’études spéciales en chirurgie-pédiatrique. La première vague de spécialistes est attendue dans deux ans. Toujours sur le plan académique, il est le président sortant de la SACP (Société africaine de chirurgie-pédiatrique) dont le Congrès tenu à Conakry et à Dalaba en novembre 2005 l’a couvert de lauriers.
Pour couronner le tout, depuis 1997, Pr. Ibé dirige sa fondation, le centre Mère et Enfants (30 emplois) où les honoraires sont fixés au cas par cas pour permettre aux plus démunis d’accéder à la santé. Les patients et le personnel en témoignent à longueur de journée. «Bien que la santé coûte cher, quand je peux, je ne lésine pas sur l’exercice de la médecine. Je le fais avec probité, respect de l’éthique et de la déontologie médicale», note-t-il.
Mais le centre Mère et Enfants est surtout un lieu de formation pratique et théorique privilégié pour les chirurgiens en herbe. Ses projets actuels sont orientés vers une meilleure implication dans la lutte contre le VIH (centre de traitement ambulatoire) et la création au centre Mère et Enfants d’une Ecole de sages-femmes. Professeur I. Baldé insiste, lors de son parcours, sur le soutien inestimable de son épouse sénégalaise et de ses quatre enfants (trois filles et un garçon) qui n’ont pas été inspirés par la médecine, mais qui sont tous épanouis dans leurs activités. Le Pr. Baldé estime que sa vie personnelle n’a pas d’importance, mais que c’est plutôt son engagement au service de la Guinée qui mérite d’être mis en exergue.

Boubacar Bah

http://www.liberation-prolongee.com/article.php?rub=10&idart=756 

 
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